Ma façon de penser quant à la littérature est extrêmement simple: soit on lit de bons livres, soit on ne lit rien.
J'avais tout d'abord projeter d'aller lui acheter quelques cadeaux, des choses plus ou moins onéreuses, car je sais qu'elle ne les apprécie pas (forcément). Au moment de lui offrir, cela l'aurait mis dans un état d'embarras plus ou moins grand, et moi, évidemment, cela m'aurait amusé.
Plus tard, je passe devant un SDF, allongé à même le sol. N'importe qui passant devant lui remarque qu'il est mal en point, très mal en point, or personne ne fait mine de s'arrêter, ni même ne s'arrête pour faire semblant de vouloir l'aider.
Il porte(ce qui a été dans une vie antérieure) un jeans, recouvert presque entièrement d'une mixture faite de sang, d'urine et de vomi. Tout cela est inodore, car séché. Il arbore aux pieds des baskets blanches avec velcro, neuves. Je distingue sous sa veste en velours (totalement en lambeaux), ce qui ressemble à un t shirt à l'effigie de Che Guevara. Son visage, ses cheveux, son cou, sont pleins de sang, du sang partout, il y en a sur le mur derrière lui, et désormais, il se relève, s'assied, et il est en piteux état, plus que ce à quoi je pensais.
Il me regarde, et après 5 secondes à me fixer dans les yeux, il me raconte très rapidement qu'il s'est fait agressé la nuit dernière par 2 jeunes, sans raison aucune. Il raconte comment ils lui sont tombés dessus, puis on commencé à frapper dessus à l'aide d'un long morceau de bois, pour ensuite sortir un couteau afin de lui taillader le visage et les mains (il me les montre), et raconte comment ils n'ont pas cessés de lui shooter dedans par la suite, "10 minutes" me dit il, avant de laisser échapper une larme, puis quelques autres, qu'il a aussitôt fait d'essuyer avec le mouchoir que je lui tends. Je lui tends un billet de 10 euros, et lui donne le cutter que j'ai toujours sur moi (on ne sait jamais). 5,99 euros au Carrefour. Avant de partir, tout en regardant le cutter, je lui dis "et surtout, n'hésitez pas à vous en servir, j'aurais beaucoup de joie à les voir crever, ces 2 salopards". Il hoche la tète, méditatif, et désormais je peux m'éloigner en paix.
Plus tard. Je suis accompagné de quelques amis, il y a beaucoup de monde autour de nous, trop pour la capacité de la pièce, je le fais alors remarquer à Mélanie, mais elle me regarde comme une conne avant de me dire qu'il y a plus de 200 personnes. Désormais, l'effet de l'alcool commence à se sentir chez la plupart des personnes présentes, et c'est alors le début d'une longue litanie entre elle et moi, elle croit que m'aimer lui donne tous les droits. Je suis à deux doigts de l'envoyer chier, puis me ravise, pour finalement le faire avec extrêmement de véhémence, et alors je me sens soulagé, je suis soulagé, je suis le soulagement incarné, un soulagement aussi profond et pur qu'après un orgasme peut être, et il est vrai que la musique qui passe y contribue grandement (Mannequin de Wire). Je la regarde, elle est en larmes, je repense au SDF de toute à l'heure qui lui aussi l'était et à qui j'ai tendu un mouchoir et un cutter, et ai par la même occasion réussi à lui rendre ni plus ni moins que de la haine pour son prochain .Mais très rapidement toutes ces tribulations m'ennuient. Je les déteste désormais au plus au haut point, etc etc etc.
C'est alors qu'une charmante brune aux yeux verts s'approche de moi, souriante, elle semble décontractée, fraiche, vêtue avec beaucoup de gout.
Tout cela me change définitivement de toutes ces pouffiasses que je baises et qui croient qu'avoir de l'argent suffit.
