La vie comme les J.O., tout est dans la mise en scène.

La vie comme les J.O., tout est dans la mise en scène.
Hortense désire me voir, encore, je ne sais ce qui lui a pris depuis la dernière fois mais le fait est qu'elle semble vouloir que l'on (re)devienne une vraie famille elle et moi. La voir pour la seconde fois en moins d'un mois, rien que l'idée en théorie, me donne envie de mourir, même dans d'atroces souffrances, (par mes propres mains s'il le fallait!). Néanmoins j'accepte, et, alors que nous nous trouvons à la table d'un bar/pub, hype comme elle se plait à le souligner, je me remémore la soirée de la veille.
Beaucoup de monde, trop (pour moi, il y a toujours trop de monde, question de principe), des conneries électroniques encore et toujours en fond sonore (mes amis sont devenus insupportables, la prochaine fois, j'amène moi-même de la musique) mais il y a le bonheur collectif d'être là, ce sentiment totalement indescriptible, tellement rare, car en général il y a toujours quelqu'un (plusieurs) qui décide(nt) de boycotter sauvagement ladite fête. Tout cela me rend le sourire perdu lors de ces fêtes de fin d'année suintant tour à tour l'hypocrisie et la vacuité et la médiocrité. Les journées post Saint-Sylvestre furent mornes et comme prévu (théoriquement), je fus atrabilaire. Je perds néanmoins le sourire lorsque plus tard, après quelques verres bien remplis, il me revient en plein gueule que ce "bonheur collectif", cette connerie indescriptible, n'est que purement factice; inventée par mes propres soins, ma perception la ressentant de la sorte, or il n'en est peut être(avec certitude) rien..Alors je me torture l'esprit pendant de longues minutes, comme toujours pour une idée totalement vaine d'intérêt.
Ma troisième expérience avec la cocaïne met tout le monde d'accord: ce soir, tous s'aiment les uns les autres et moi encore plus.

Nous discutons donc avec Hortense, de ces discussions lentes, longues et pénibles. Elle ne semble pas penser comme moi, c'est évident. Alors j'en viens à discuter musique, je sais le plaisir qui cela lui procure. Je lui dis que dans quelques semaines, je ne sais pas la date exacte, je vais voir les Naive New Beaters, c'est presque à chier, je sais, mais ceci est une opération stratégique (çà, je ne le lui dis pas). Elle me dit qu'elle veut absolument venir avec moi, une soirée passée ensemble serait absolument génial (pour elle).

Problème: je comptais y aller pour et avec Elise, cette fille rencontrée il y a quelque temps déjà. Elise a un an de moins que moi, autrement dit 19 ans, elle n'est pas ce que je définirais comme magnifique, mais possède néanmoins un tel charme et semble être une personne si stimulante intellectuellement (ce qu'il me faut), que cela ne peux que me ravir. Bien évidemment, elle n'est pas aussi intelligente que moi et ne possède pas l'étendue de ma vaste culture (fin de l'élan non-mégalomane), mais ce n'est pas bien grave. Pour 2009, j'ai décidé que mes rapports humains allaient être basés moins sur l'apparence et plus sur de vraies valeurs humaines.
J'explique tout ceci à Hortense, poliment, avec détachement, je crois qu'elle (me) comprend; elle me dit qu'elle ferait la même chose à ma place. J'acquiesce pendant quelques secondes, le regard perdu au loin, quelque part derrière elle sur un quelconque visage que j'ai cru reconnaitre, un ancien ami, très proche il fut un temps, mais en regardant mieux, non ce n'est pas lui.

Le plus important dans sa propre vie est d'y assister.
# Posté le mercredi 07 janvier 2009 06:21
Modifié le mercredi 07 janvier 2009 06:35

Des semaines d'errance.

Des semaines d'errance.
Deux ans.
Aujourd'hui, voilà exactement deux ans que notre mère, à Hortense et moi, est morte. Hortense, ma s½ur, ainée de 3 ans, est une personne que je n'ai jamais réellement appréciée, mais avec qui j'ai du apprendre à composé...Ainsi va la vie.
Hortense est grande, plutôt belle femme, même très, je dois bien l'avouer, qui de surcroit sait savamment se mettre en valeur. Son teint, peu importe la saison, est toujours parfait, je veux dire, jamais trop, ni trop peu; sans cesse en totale adéquation avec la saison, ce que je trouve tout simplement extraordinaire.
"Ses traits sont fins, magnifiques, elle possède des yeux bleus qui galvanisent tout ce qu'ils observent (en particulier la gente masculine, bien sur), ses cheveux, n'en parlons même pas, cette femme me rend dingue..." est typiquement ce que j'entends dire des hommes à son propos.
Quant à moi, et pour faire dans la concision: je la déteste totalement et la trouve niaise au possible.
Je suis assis en face d'elle, nous buvons, je ne sais pas trop pourquoi nous nous réunissons tous les ans depuis l'an passé un vingt trois décembre, car elle sait que je n'ai jamais aimé notre mère, cette personne absolument adorable, généreuse, d'une extrême sympathie avec le monde entier...sauf dès qu'il s'agissait de moi. Elle a rapidement décidé de ne pas m'aimer, j'ai fait pareil. Je ne sais pas si le fait de me poser la question du "qui a commencé en premier à ne pas aimer l'autre" est important, mais en vue de meubler la conversation avec ma s½ur, je décide de lui demander son avis sur le sujet. Elle m'observe pendant quelques secondes, puis se met à me parler de la musique en 2008, de ses albums préférés de l'année écoulée, parfois elle me cite des trucs que je ne supporte pas(MGMT), à d'autres des trucs que je ne connais pas( Pas Chic Chic, Fuck Buttons, Woven Hand, Matt Elliott etc etc) puis elle en vient très logiquement (je ne sais pas comment d'ailleurs) à me parler des albums qui m'ont plu en 2008( des conneries telles que Portishead, les Last Shadow Puppets ou bien encore The Mars Volta) (pour n'en citer que trois très connus).
Elle m'ennuie, beaucoup, je la trouve chiantissime avec sa manière de procéder, toujours très méthodiquement, je ne la vois qu'une seule fois par an, or je suis certain que sa vie les 364/5 jours restant est résumée avec beaucoup d'exactitude au début de cette phrase. Hortense est ma soeur, et je la hais.
Alors je lui dis d'abord, d'une voix posée, puis lui crie par la suite, absolument sans raisons, "tu me fais chier, tu me fais chier", elle hoche d'abord la tète avec gravité, puis des larmes se forment aux creux des yeux, et dans la minute c'est le monde entier dans un rayon de 25 mètres qui est alerté par ses hurlements grandiloquents; elle lance tout ce qui lui tombe dans les mains, puis se jette à terre tout en continuant de crier le nom de notre mère aussi fort que si sa vie en dépendait, je la regarde médusé, et maintenant c'est le regard incroyablement faible, ridicule, de l'homme qui avait pris son numéro environ 15 minutes auparavant, qui se pose sur elle, je vois à son expression faciale qu'il est presque horrifié, alors en mon for intérieur je pense "bien fais pour ta gueule, connard", mais le bruit qu' Hortense crée dans cette somptueuse salle s'amplifie, s'amplifie, au début c'est comme si on me donnait des coups de marteau sur le crane, ensuite il s'agit d'un concours de lancers de marteau sur mon pauvre crane, alors la terreur s'empare de moi "que faire que faire QUE FAIRE??", je jette des regards interrogateurs à toutes ces personnes autour de moi, ces Sarah, Denis, Edouard, Pierre, Elise, toutes ces personnes qui se ressemblent, qui sont chacun la copie conforme de l'autre, et par conséquent qui me ressemblent, ils me renvoient (à) mes regards interrogateurs, Santogold L.E.S. Artistes est la musique qui sort des enceintes Denon placées aux extrémités de la pièce, la qualité du son est absolument sublime, (mais dans ma tête ce sont les merveilleux Lightning Bolt), tout sature, cet instant est inhumain, parfois j'ai envie de crever, tout est si confus dans ce monde, on ne peux jamais être totalement certain de ce qui se passe dans la tête des autres etc etc...

Tout s'arrête finalement lorsque je tends un regard perfide vers ma s½ur, Hortense. Elle est sagement assise en face de moi en train de me demander ce qu'il en est actuellement de ma vie amoureuse.
# Posté le mardi 23 décembre 2008 12:05
Modifié le mardi 23 décembre 2008 16:45

Hélas, l'amour est délétère.

Hélas, l'amour est délétère.
La lassitude. Strike.

# Posté le vendredi 05 décembre 2008 05:58

Rien n'est vrai.

Rien n'est vrai.
Je décide pour ce soir d'arrêter mes provocations habiles, de cesser d'être arrogant (avec beaucoup de soin), de telle sorte que retomber sur quelque chose d'agréable était toujours évident. Cela me permettait de me donner l'illusion de faire tomber les masques; je n'aime pas lorsque les gens se parent d'artifices pour cacher leur médiocrité. Mais il faut aussi compter avec les apparences, car finalement, peut être sont elles la réalité.

Hier, la fille de l'antépénultième article, celle que j'aime, m'a quitté alors que, pourtant, nous n'avions jamais rien partagé. Peu importe. Elle m'a simplement dit que je suis certainement invivable car totalement imprévisible, que de toute façon elle en aime un autre, ce n'est pas la peine d'insister, puis après ce qui me parait être une éternité, elle rajoute que je ne devrais pas avoir trop de mal pour trouver quelqu'un, quelqu'un de très bien, une personne de grande valeur, tout comme toi, je veux dire, me dit elle. Elle me sourit, puis me jette clin d'½il, avant que je lui dise, très laconiquement et extrêmement sur de moi: Je sais.
Ensuite, tout n'est que etc etc etc, mais il en ressort: que j'ai été plus ou moins triste pendant 5 minutes, que j'ai écouté "Space and the woods" durant le trajet du retour, à pied, qui me prend exactement 4 minutes donc, qu'après 2 verres de whisky, tout était parfaitement oublié.

Plus tard. Un homme d'une trentaine d'années peut être, plus ou moins bien habillé, mis à part les chaussures, horribles, s'assied en face de moi et ne cesse de me jeter des regards pendant les 5 minutes qui suivent. Je le regarde à mon tour, il pense qu'il s'agit d'un quelconque signal, il entame alors la conversation, mais en moins de 10 secondes je lui balance un "casse toi sale con" avec une telle véhémence qu'il est contraint de sortir du métro dès la prochaine station. Je repense à cela tout en discutant avec cette fille que je viens de rencontrer, je lui ai d'abord dit que je m'appelais Ted, Ted Bundy, et qu'elle ne risquait pas de finir vivante ce soir. Elle a alors ri aux éclats, puis n'a cessé de me harceler pour savoir qui est ce Ted Bungy, Bunby, ne sachant déjà plus de qui il s'agit, en fait. Je suis trop défoncé pour tenir une conversation/ la séduire, alors j'acquiesce à tout ce qu'elle dit, mais elle le remarque très rapidement, ce qui, je crois, la met dans un état de nervosité aigu.

Je suis maintenant à moitié nu, elle l'est totalement, je l'embrasse, puis me recule, pour mieux la regarder dans les yeux. L'espace d'un instant, je vois une sorte de panique mêlée à de l'incompréhension et surtout beaucoup de désir dans ses yeux. "Seaside Rock" en sourdine. "Play". Nous pouvons terminer/commencer.
# Posté le lundi 24 novembre 2008 07:06
Modifié le vendredi 05 décembre 2008 05:59

Le peuple est par définition conservateur.

Le peuple est par définition conservateur.
Dans le métro, il y a cette fille, blonde, de taille moyenne, plutôt jolie, qui s'assied en face de moi, me jette un regard que j'ignore habilement, et alors retourne à sa lecture. Je jette ensuite un regard au livre, puis la regarde avec mépris durant les quelques minutes du trajet. La littérature pour ménagères me met hors de moi.
Ma façon de penser quant à la littérature est extrêmement simple: soit on lit de bons livres, soit on ne lit rien.
J'avais tout d'abord projeter d'aller lui acheter quelques cadeaux, des choses plus ou moins onéreuses, car je sais qu'elle ne les apprécie pas (forcément). Au moment de lui offrir, cela l'aurait mis dans un état d'embarras plus ou moins grand, et moi, évidemment, cela m'aurait amusé.

Plus tard, je passe devant un SDF, allongé à même le sol. N'importe qui passant devant lui remarque qu'il est mal en point, très mal en point, or personne ne fait mine de s'arrêter, ni même ne s'arrête pour faire semblant de vouloir l'aider.
Il porte(ce qui a été dans une vie antérieure) un jeans, recouvert presque entièrement d'une mixture faite de sang, d'urine et de vomi. Tout cela est inodore, car séché. Il arbore aux pieds des baskets blanches avec velcro, neuves. Je distingue sous sa veste en velours (totalement en lambeaux), ce qui ressemble à un t shirt à l'effigie de Che Guevara. Son visage, ses cheveux, son cou, sont pleins de sang, du sang partout, il y en a sur le mur derrière lui, et désormais, il se relève, s'assied, et il est en piteux état, plus que ce à quoi je pensais.
Il me regarde, et après 5 secondes à me fixer dans les yeux, il me raconte très rapidement qu'il s'est fait agressé la nuit dernière par 2 jeunes, sans raison aucune. Il raconte comment ils lui sont tombés dessus, puis on commencé à frapper dessus à l'aide d'un long morceau de bois, pour ensuite sortir un couteau afin de lui taillader le visage et les mains (il me les montre), et raconte comment ils n'ont pas cessés de lui shooter dedans par la suite, "10 minutes" me dit il, avant de laisser échapper une larme, puis quelques autres, qu'il a aussitôt fait d'essuyer avec le mouchoir que je lui tends. Je lui tends un billet de 10 euros, et lui donne le cutter que j'ai toujours sur moi (on ne sait jamais). 5,99 euros au Carrefour. Avant de partir, tout en regardant le cutter, je lui dis "et surtout, n'hésitez pas à vous en servir, j'aurais beaucoup de joie à les voir crever, ces 2 salopards". Il hoche la tète, méditatif, et désormais je peux m'éloigner en paix.

Plus tard. Je suis accompagné de quelques amis, il y a beaucoup de monde autour de nous, trop pour la capacité de la pièce, je le fais alors remarquer à Mélanie, mais elle me regarde comme une conne avant de me dire qu'il y a plus de 200 personnes. Désormais, l'effet de l'alcool commence à se sentir chez la plupart des personnes présentes, et c'est alors le début d'une longue litanie entre elle et moi, elle croit que m'aimer lui donne tous les droits. Je suis à deux doigts de l'envoyer chier, puis me ravise, pour finalement le faire avec extrêmement de véhémence, et alors je me sens soulagé, je suis soulagé, je suis le soulagement incarné, un soulagement aussi profond et pur qu'après un orgasme peut être, et il est vrai que la musique qui passe y contribue grandement (Mannequin de Wire). Je la regarde, elle est en larmes, je repense au SDF de toute à l'heure qui lui aussi l'était et à qui j'ai tendu un mouchoir et un cutter, et ai par la même occasion réussi à lui rendre ni plus ni moins que de la haine pour son prochain .Mais très rapidement toutes ces tribulations m'ennuient. Je les déteste désormais au plus au haut point, etc etc etc.
C'est alors qu'une charmante brune aux yeux verts s'approche de moi, souriante, elle semble décontractée, fraiche, vêtue avec beaucoup de gout.
Tout cela me change définitivement de toutes ces pouffiasses que je baises et qui croient qu'avoir de l'argent suffit.
# Posté le mercredi 19 novembre 2008 07:14